Que vous suggère le terme « machine de marche » ? Probablement rien. Mais c’est grâce à cette invention, datée de 1817, que le baron Karl Dries Von Sauerbronn a donné naissance à ce que l’on peut considérer comme l’ancêtre de votre vélo.

Les 200 ans de la bicyclette.

Deux cents ans et des poussières ! Le vélo est un moyen de transport sans âge (utilisable par les jeunes et les moins jeunes) et sa capacité à traverser le temps est certainement liée aux nombreux avantages liés à son utilisation, de ceux de la santé à ceux du respect et de la protection de l’environnement.

L’histoire de la bicyclette, telle qu’on la connait aujourd’hui, peut être grossièrement divisée en deux phases principales : la première peut être datée autour de la seconde moitié du XIXe siècle lorsque, grâce aux améliorations apportées par Michaux et ensuite par Guilmet, on est passé de la machine de marche au premier vélocipède en fer, équipé de pédales, de roues en caoutchouc de la même taille, d’un système central de transmission par chaîne et d’un pignon arrière. Dans cette première phase, la possession d’un vélocipède est l’apanage des classes les plus aisées et son utilisation est strictement liée à des compétitions telles que le Paris-Rouen, qui voit la participation de quelques femmes, et le Florence-Pistoia en Italie.

La deuxième phase peut être placée entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Au cours de ces années, la conception qui avait été établie précédemment a subi un changement : le vélocipède n’était plus un objet lié aux compétitions mais se transformait en un moyen de transport, d’éducation et de culture extrêmement transversal dont l’utilisation était étendue à tous les membres de la famille, grâce également à une baisse du prix auquel il était vendu.

L’utilisation de pneus en caoutchouc et l’introduction de la « roue libre », qui permet au cycliste d’imposer son propre rythme, font de la bicyclette un moyen de transport de plus en plus confortable, adapté même aux trajets de moyenne durée.

C’est l’époque où, même en Italie, l’utilisation des deux roues liée au « tourisme » commence à s’affirmer, premier pas vers le cyclotourisme.

Des clubs ont été fondés pour protéger ce type de tourisme, tout d’abord le TCCI, qui signifie Club italien de cyclotourisme, fondé en 1894 par un groupe de 57 vélocipédistes.

C’est grâce au TCCI que les premières pistes cyclables ont été créées en Italie et qu’en 1897, les premiers panneaux de signalisation ont été introduits pour identifier les itinéraires et les zones d’intérêt pour les voyageurs à vélo.

C’est le début d’une véritable révolution dans la sphère de la culture géographique populaire. Grâce à l’introduction de cartes et de textes dédiés, on pose les bases d’un changement dans la conception du tourisme moderne.

Au cours du vingtième siècle, la bicyclette a connu des périodes de fortune alternées. Pendant la Grande Guerre, son utilisation est liée au transport de denrées alimentaires ainsi qu’aux déplacements pour se rendre au travail. Les années soixante, au cours desquelles le pourcentage de personnes disposant d’un revenu moyen à élevé augmente de manière significative, le voient supplanté par la voiture, plus confortable et plus pratique, tandis qu’avec l’avènement des années soixante-dix, le vélo devient l’instrument symbole de non-conformité.

Entre les années 80 et 90 du siècle dernier, grâce à une large diffusion des vélos de montagne, les ventes de bicyclettes ont connu un essor remarquable.

Dans ces mêmes années est fondée la FIAB, Fédération italienne des amis du vélo qui promeut l’utilisation de la bicyclette comme moyen de transport intelligent et écologique au profit d’une requalification de l’environnement urbain et suburbain.

Les avantages incroyables du vélo.

Qu’il soit utilisé comme moyen de transport quotidien ou comme outil de soutien au tourisme durable, les avantages du vélo sont nombreux.

Et ce deuxième aspect mérite qu’on s’y attarde. La bicyclette est le moyen de transport le plus écologique qui soit et le cyclotourisme, en tant que forme de tourisme respectueux de l’environnement, a connu une croissance spectaculaire ces dernières années.

La création d’itinéraires de cyclotourisme a permis de mettre en valeur des territoires et des sites naturels qui ne sont pas accessibles par d’autres moyens de transport et a contribué à la récupération de lieux abandonnés.

La FIAB a également collaboré à la réalisation de deux projets de grande importance en termes de cyclotourisme : Eurovelo et Bicitalia.

Le premier, fruit d’un projet de l’EFC (European Cyclists’ Federation), consiste en 17 itinéraires cyclables qui traversent toute l’Europe et dont le but premier est de fournir une alternative au trafic motorisé. Grâce à la fusion et à l’amélioration des itinéraires cyclables préexistants, il en résulterait la création d’itinéraires de transit pour les cyclotouristes de toute l’Europe.

En ce qui concerne Bicitalia, il s’agit d’un projet dont l’objectif est la création d’un réseau national de lignes axées sur des liaisons de grande envergure, donc suprarégionales, ou avec les pays voisins.

Grâce à la loi de stabilité de 2016, qui prévoyait de nombreuses mesures en faveur de la durabilité touristique, 17 millions d’euros ont été alloués à Bicitalia pour l’année 2016 et 37 millions d’euros pour 2017 et 2018, avec une priorité accordée à la construction de la Ciclovia del Sole (Vérone-Florence), de la Ciclovia del Vento (Venise-Turin), de la Ciclovia dell’Acquedotto Pugliese (de Capostele à S.Maria di Leuca) et enfin du Grande Raccordo Anulare.

L’impact économique du cyclotourisme.

Le cyclotourisme semble avoir également des répercussions considérables sur le plan économique : son activité induite avoisine les 44 milliards d’euros par an, dont sept milliards sont entièrement générés par le circuit Eurovelo.

2,295 millions de personnes en Europe ont en effet choisi d’organiser leurs vacances sur deux roues, ce qui porte le nombre annuel de nuitées à 20,4 millions pour une dépense d’environ neuf milliards.

À cet égard, la FIAB a créé Albergabici, un circuit à l’intérieur duquel sont insérées des structures d’hébergement qui, grâce au respect de certaines normes, sont plus aptes à accueillir les cyclistes.

Qui est le cyclotouriste ?

Mais qui est le cyclotouriste ? Et surtout, quels sont ses besoins en tant que voyageur ?

Il est certes respectueux du milieu environnant, il est autonome et se déplace aussi bien en couple qu’en solo. Ils sont très organisés, même s’ils ne dédaignent pas les conseils des autres voyageurs. Ils ont besoin d’intimité et de conditions claires, ils sont fascinés par les destinations inhabituelles et font partie de communautés très solides dans lesquelles un rôle très important est joué par le bouche à oreille.

Il s’arrête généralement pour une seule nuit dans les endroits qui font partie de son itinéraire et il a besoin de laver ses vêtements et de pouvoir loger son vélo avec lui. Bien sûr, il a besoin d’un petit-déjeuner qui lui donnera la force d’affronter son « tour du monde » et il apprécie les conseils sur les ateliers qui peuvent l’aider.

Joyeux anniversaire Bicycle : vers un avenir durable pour la bicyclette.

L’année écoulée nous a rappelé combien la bicyclette a fait et continue de faire partie de vos vies et combien son utilisation est bénéfique pour votre bien-être physique et celui de l’environnement.

Coïncidences ou peut-être pas, en 2015, l’ONU a établi que 2017 serait l’Année internationale du tourisme durable pour le développement, où le terme « durable » signifiait identifier une façon de voyager qui respecte la planète et qui n’altère pas l’environnement ou n’entrave pas le développement d’autres activités sociales et économiques.